Erreur N°6 — Rester dans une zone dont on ne peut plus sortir facilement
Peu de gens observent les lieux.
Pourtant, lors de nombreuses agressions, le problème ne vient pas uniquement de l'agresseur. Il vient aussi de l'endroit où se trouve la victime lorsque l'agression commence.
L'erreur
Vous attendez quelques minutes dans un hall d'immeuble. Vous vous plaçez au fond d'un quai presque vide. Vous stationnez votre véhicule dans une zone isolée d'un parking. Vous restez dans un passage étroit, un escalier, un couloir ou un angle de bâtiment.
Rien ne semble dangereux.
Le problème n'est pas toujours l'endroit lui-même. Le problème est qu'il limite vos options.
Lorsqu'une situation se dégrade soudainement, certaines personnes découvrent qu'elles ne peuvent plus :
- s'éloigner rapidement ;
- changer de direction ;
- rejoindre d'autres personnes ;
- contourner l'individu qui approche ;
- quitter les lieux sans passer à proximité de la menace.
Quelques secondes plus tôt, elles disposaient encore de plusieurs possibilités. À présent, elles n'en ont plus qu'une seule. Et parfois aucune.
Réalité terrain
Les professionnels de la sécurité accordent une importance considérable au positionnement. Ils ne regardent pas seulement qui se trouve autour d'eux. Ils regardent aussi :
- où sont les sorties ;
- où se trouvent les obstacles ;
- quels sont les axes de circulation ;
- quelles zones permettent de conserver de la distance.
Ce réflexe n'a rien de paranoïaque. Il repose sur une réalité simple : lorsqu'une menace apparaît, les possibilités de mouvement deviennent souvent plus importantes que les capacités physiques.
Certaines zones offrent naturellement un avantage à l'agresseur :
- ascenseurs ;
- cages d'escalier ;
- passages étroits ;
- parkings souterrains ;
- recoins isolés ;
- espaces sans issue visible.
Dans ces endroits, la distance disparaît rapidement et les possibilités de réaction se réduisent.
Les faits divers racontent souvent la même histoire
Parking désert en fin de soirée. Passage souterrain. Hall d'immeuble. Sortie de gare peu fréquentée.
La victime ne remarque rien d'alarmant au départ. Puis une personne apparaît. La distance est déjà faible. Les possibilités de déplacement sont limitées. Le temps de comprendre la situation, l'agresseur a déjà pris l'initiative.
Dans de nombreux témoignages, les victimes expliquent ensuite qu'elles se sont senties piégées. Non parce qu'elles étaient physiquement incapables de partir. Parce qu'elles avaient laissé la situation se développer dans un endroit qui ne leur offrait plus d'alternative simple.
Schéma de violence associé
zone isolée ou confinée → apparition d'une menace → réduction des options → difficulté à s'éloigner → passage à l'acte
L'agresseur choisit souvent les lieux qui lui offrent un avantage. La victime, elle, pense rarement à l'environnement avant que le problème n'apparaîsse. Lorsque le danger devient évident, les possibilités sont parfois déjà réduites.
Bon sens opérationnel
Lorsque vous arrivez dans un lieu inconnu ou peu fréquenté :
- repérez les sorties ;
- privilégiez les zones ouvertes ;
- évitez de rester coincé dans un angle ou une impasse ;
- gardez autant que possible plusieurs directions de déplacement ;
- rapprochez-vous des zones fréquentées lorsque quelque chose vous semble anormal ;
- ne laissez pas un inconnu vous pousser vers un endroit plus isolé.
Votre objectif n'est pas d'anticiper chaque menace. Votre objectif est de conserver votre liberté de mouvement.
Car dans de nombreuses situations, la meilleure réaction n'est pas de se défendre. La meilleure réaction est simplement de pouvoir partir immédiatement. Et cette possibilité se prépare souvent plusieurs minutes avant que le danger n'apparaîsse.
Vous ne savez pas quelle protection est adaptée à votre situation ? Répondez à quelques questions.
Trouver ma protection →Faits divers illustrant cette erreur
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