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Rennes : roué de coups et menacé avec des ciseaux pour un smartphone

Journal de la Sécurité
Deux agressions à quatre jours d’intervalle. Deux victimes isolées, frappées et dépouillées de leur téléphone. Et, comme arme, une simple paire de ciseaux. À Rennes, un jeune homme de 19 ans a été condamné après des vols commis en réunion et sous la contrainte.

Les faits

Entre le 26 et le 30 septembre, deux hommes ont été agressés à Rennes selon les éléments rapportés à l’audience.

Le mode opératoire était similaire : les victimes étaient d’abord isolées, éloignées des caméras de vidéosurveillance, avant d’être violemment prises à partie pour leur dérober leur smartphone.

Les agresseurs étaient plusieurs et une paire de ciseaux était utilisée comme arme.

Les violences ne se sont pas limitées à une menace : la procureure a évoqué notamment un coquard de 12 cm, un nez fracturé et des coups de ciseaux. L’une des victimes a obtenu 30 jours d’ITT.

Le prévenu, qui niait les faits malgré les images de vidéosurveillance et la découverte de biens volés en sa possession, a finalement été condamné à 24 mois d’emprisonnement, dont 18 mois assortis d’un sursis probatoire, soit six mois ferme.

Son avocat avait notamment invoqué le passé particulièrement difficile de son client, présenté comme ayant été envoyé enfant dans des camps militaires en Guinée.

Une histoire personnelle peut expliquer un parcours. Elle ne fait toutefois pas disparaître les conséquences bien réelles pour les victimes.

Pourquoi les vêtements anti-couteau ne sont-ils pas plus courants ?

On accepte parfaitement l’idée de porter une ceinture de sécurité parce qu’un accident peut arriver sans prévenir. On porte parfois un casque à vélo parce qu’une chute est improbable, mais potentiellement grave.

Alors pourquoi la protection contre une agression au couteau serait-elle systématiquement considérée comme excessive ?

Parce que l’on raisonne encore trop souvent en termes de probabilité, alors que la sécurité personnelle doit aussi intégrer la gravité potentielle de l’événement.

Ces protections n’ont pas toutes les mêmes performances et ne sont pas interchangeables. La comparaison rappelle un principe de préparation, pas une équivalence entre leurs niveaux de protection.

Dans cette affaire, les victimes ont d’abord été isolées, puis agressées à très courte distance. C’est précisément dans ce type de situation que la question d’une protection déjà portée se pose : il peut ne rester aucun délai pour aller chercher un équipement.

Le problème de l’attaque par surprise

Un vêtement de protection ne nécessite pas d’être sorti au moment de l’agression : il est déjà porté. C’est toute la différence avec une protection que l’on devrait aller chercher au moment où l’on comprend que quelque chose se passe.

Lorsque l’agression commence brutalement, il peut être trop tard pour réfléchir à sa protection.

Une protection supplémentaire, pas une invulnérabilité. Un vêtement peut apporter une résistance aux zones qu’il couvre, selon ses essais. La résistance à la coupure ne garantit pas la résistance à une perforation par des ciseaux. Sans connaître le modèle et les conditions du coup, on ne peut pas affirmer qu’il aurait empêché les blessures rapportées ici.

Les mains : autre zone particulièrement exposée

Dans une agression avec une arme blanche, les mains peuvent également se retrouver directement exposées. Se protéger instinctivement peut conduire à un contact avec la lame.

Des gants résistants aux coupures peuvent constituer une protection complémentaire, selon les performances réelles du produit.

Résistance à la coupure et résistance à la perforation ne sont pas la même chose. Des gants ne rendent pas sûre la saisie d’une arme, notamment d’une paire de ciseaux utilisée en pointe.

Le vrai problème : nous nous préparons surtout à ce que nous espérons

Personne ne se lève le matin en se disant qu’il va être agressé pour son téléphone. C’est justement pour cette raison que la prévention est difficile.

L’agression ne demande pas l’autorisation de la victime et ne prévient pas toujours. Dans cette affaire, les victimes ont été repérées, isolées puis agressées.

La question n’est pas de savoir si chacun doit vivre dans la peur, mais d’envisager aussi les situations où la menace commence avant que l’on ait pu la comprendre.

Pourquoi protégeons-nous notre téléphone, mais hésitons-nous à protéger notre propre corps ?

À retenir

  • Une paire de ciseaux peut devenir une arme. Un objet ordinaire peut infliger des blessures graves.
  • Une agression peut commencer à quelques centimètres. Une fois isolée, la victime peut ne disposer d’aucun délai pour se préparer.
  • Une protection passive doit être choisie avant l’agression. Son intérêt dépend des risques couverts, des zones protégées et des performances vérifiées.
Le téléphone se remplace. Votre corps, non.

À lire aussi — Analyses de l’index JDS

Source

France-Soir / Fdesouche, article du 7 octobre 2026, d’après le compte rendu d’audience fourni.

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